Les Leçons du Mouvement HF

Journal La Presse (Canada), entretien avec Blandine Pélissier, Aurore Evain et Anne Morel Van Hyfte, par Silvia Galipeau, 10 avril 2019

« Entre autres réalisations, soulignons surtout le lancement en 2015 des journées dites du matrimoine, avec des visites guidées dans les villes et musées, pour sensibiliser le public au déficit en matière d’œuvres de femmes dans le patrimoine officiel.

«À 95 %, le patrimoine est composé d’œuvres d’hommes. Pourquoi ? Parce que l’histoire a été écrite au masculin», indique Aurore Évain, militante et chercheuse en histoire des femmes en théâtre.

Avec cette nouvelle journée, célébrée à la mi-septembre, en même temps que les Journées européennes du patrimoine, on souhaite démontrer que cette histoire au féminin existe pourtant bel et bien. La preuve: «Oui, il y avait Molière, Corneille, Racine, mais leurs sœurs ont existé. Et elles étaient jouées à la Comédie-Française au XVIIsiècle!» Mieux: plus de femmes étaient jouées sur les planches de cette prestigieuse institution de l’Ancien Régime qu’aujourd’hui!

Le mot «matrimoine» a d’ailleurs toujours existé, précise celle à qui l’on doit une recherche inédite sur le mot «autrice». Historiquement, «patrimoine» faisait référence aux biens transmis par le père et «matrimoine», aux biens transmis par la mère. «Au fur et à mesure, le patrimoine devient le bien culturel de la patrie, explique-t-elle, et le matrimoine est relié au mariage, à la sphère privée…»

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