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Préfaces à deux éditions des oeuvres de Catherine Bernard

Redécouvrez l’oeuvre de Catherine Bernard grâce à deux éditions parues en 2024 et 2025, préfacées par Aurore Evain.

Une édition poche chez Talents Hauts de son premier roman, Frédéric de Sicile, paru en 1680 :

À la naissance de sa fille, le roi de Sicile décide de la faire passer pour un garçon afin que son royaume ne revienne pas à son cousin et ennemi juré, le roi de Majorque. La princesse est élevée comme un garçon, sous le nom de Frédéric et charme toutes les femmes. Les choses se compliquent quand arrivent à la Cour les enfants du roi de Majorque…

En 1680, alors qu’elle n’a même pas dix-sept ans, Catherine Bernard publie son premier roman : Frédéric de Sicile. Ses tragédies, jouées à la Comédie-Française, connaissent un grand succès. Elle meurt en 1712 et, dès 1730, est plumée par Voltaire qui, pour faire face aux accusations de plagiat du Brutus de Catherine Bernard, la dénigre puis attribue son oeuvre à un homme, Fontenelle.

Une édition reliée chez Hauteville qui met à l’honneur trois oeuvres majeures de l’autrice : Frédéric de Sicile, Inès de Cordoue et Le Commerce galant 

L’histoire littéraire n’a pas « oublié » Catherine Bernard, la première femme dramaturge à avoir été jouée à la Comédie-Française. Elle l’a effacée. De son vivant déjà, on lui refusait la paternité de ses œuvres, les attribuant à ses prétendus amants, ce qui ne les empêchaient pas d’être plagiées, car reconnues par tous comme des chefs-d’œuvre. Plusieurs années après sa mort, son nom n’apparaîtra plus dans les dictionnaires et anthologies de la littérature, entérinant la disparition d’une des plus grandes autrices de son temps.

Avec Frédéric de Sicile, Catherine Bernard explore un triangle amoureux d’une modernité brouillant les frontières des genres. C’est à un amour interdit qu’elle s’intéresse dans son recueil Inès de Cordoue tout en proposant avec Riquet à la houppe la première évocation du conte avant que Charles Perrault ne s’en empare. Avec Le Commerce galant, elle signe le premier roman épistolaire de la littérature française, dont les échanges pleins d’esprit anticipent Les Liaisons dangereuses.

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